Le musée militaire

Une mémoire qui ne tarit jamais et une relation étroite avec l’histoire humaine

L'idée d'établir un musée militaire propre à l'Armée libanaise émergea au cours de la période post-indépendance, après que les autorités nationales libanaises eurent pris en charge les unités militaires libanaises, faisant corps jadis avec l'armée mandataire française en Syrie et au Liban, et ce le 1er août 1945.


A la suite de l'évacuation des troupes militaires étrangères stationnant au Liban, le commandement de l'Armée de l'époque envisagea, à partir de 1974, de mettre sur pied un comité chargé de la rédaction de l'histoire de l'Armée libanaise et de la préservation de son patrimoine.

 

En effet, et depuis 1948, le commandement de l'Armée entama la collection et le stockage en un seul endroit de quelques anciens équipements, armes et uniformes militaires.

 

Un an plus tard, des contacts entre le commandement de l'Armée et la direction des ruines rattachée au ministère de l'Education Nationale permirent au commandement de l'Armée d'avancer l'idée d'établir un musée militaire, en vue d'assembler l'héritage militaire en sa possession. Cette proposition obtint l'approbation et le soutien du directeur des ruines, l'Emir Maurice Chéhab.

 

Ainsi, les contacts furent établis entre les parties concernées, à savoir de la direction des ruines au ministère de l'Intérieur et la municipalité de Beyrouth via le ministère de l'Education Nationale, afin de lui céder un territoire de 2600 m2 situé au sud de l'actuel musée, dans la partie Est de l'hippodrome de Beyrouth. Ce territoire servirait à construire un nouveau bâtiment, spécial pour l'Armée, en annexe au musée national et serait appelé « musée du Moyen-âge et de l'Armée » de façon à couvrir, de par son contenu, la période allant du Moyen-âge à l'ère actuelle.

 

Les contacts se sont poursuivis le long des années 50 jusqu'au début des années 60 du siècle précédent, jusqu'à ce que le Conseil des ministres approuve dans sa session du 7 août 1963, qui s'est tenue à Zouk, la construction du « musée du Moyen-âge et de l'Armée » et charge le Conseil d'exécution des projets de construction de mettre en place le projet d'édification du musée, et ce en accord avec le ministère de la Défense Nationale (commandement de l'Armée) et le ministère de l'Education Nationale (direction générale des ruines).

 

A la suite de maintes études, la construction débuta à l'été 1968 et la structure fut édifiée grâce aux fonds alloués au musée (un million de Livres Libanaises). Les travaux furent interrompus un an plus tard à défaut de crédits nécessaires au ministère de Défense Nationale. Le chantier reprit dans les années 70, sous la gérance de la direction générale des ruines.

 

En 1977, le bâtiment fut loué à l'université publique libanaise sur décision du Conseil des ministres, pour devenir le siège du rectorat et de l'administration de l'université jusqu'en 1998, date à laquelle il devint le siège officiel des réunions du Conseil des Ministres. En cette même année, un nouveau bâtiment fut construit non loin du ministère de la Défense Nationale à Yarzeh, afin d'abriter le musée en question. Néanmoins, la dimension limitée de ce bâtiment ne permit pas de contenir la totalité des anciennes acquisitions en équipement militaire, uniformes et autres. Une partie du contenu demeura donc stockée au musée de l'école militaire à Fayadyeh, et le reste dans la forteresse de Rachaya dans la région de la Bekaa Ouest. Ces centres restent rattachés au principal musée militaire au sein du ministère de la Défense Nationale.

 

Finalement, et en vertu d'un télégraphe publié le 07/01/1998, transmis du commandement de l'Armée, le musée militaire a été annexé à la direction de l'Orientation et considéré comme un de ses départements.

 

Le lieu est assez proche de l’entrée principale du ministère de la Défense nationale à Yarzé … Peu de mètres les séparent… Le paysage ressemble plutôt à une presqu’île artistique … Une place, toute couverte de vert et de marron, qu’occupe un de ses cotés, une tour de 8 étages fortifiés par l’espoir de la paix, alors qu’en face, la terre s’étend devant la vénération des slogans des brigades de l’armée, répartis en forme de demi-cercle enlaçant le Symbol de ses martyrs.

 

La tourn’est autre que « la statue de l’espoir de la paix », sculptée par l’artiste Armand, et qui incarne la paix nationale au Liban, à l’occasion de la cinquantenaire de l’armée libanaise le 2 Août 1995. Juste en face, se tient la « statue des immortels » qui fut inaugurée le 22 novembre 1996, éternisant les martyrs de l’armée libanaise.

 

Deux objets d’art… Il est impératif qu’un troisième existe pour accomplir leurs traits… Quelques pas et apparaissent des échelons entourés par une clôture de plantes vertes et menant, à la fin, vers une plaque placée en dessus d’une porte géante … "Le musée militaire -Yarzé", établi le 9 octobre 1998 sous le patronage du Général Emile Lahoud, qui fut lors commandant en chef de l’armée.

 

La route en descendant annonce le début du retour vers l’origine… L’origine qui vit toujours l’histoire noble, ne tarissant jamais…

 

Le bâtiment ovale impose tout de suite sa vénération. Deux petites salles séparées entre elle par quelques échelons… La salle inférieure donne à une entrée destinée aux handicapés… Ce qui signifie que tout le monde a accès à cet endroit.

 

Un raffinement humble ne cachant pas l’organisation et la coordination excellente… L’histoire entoure l’endroit… Une histoire affermissant que le côté militaire ne se sépare pas des autres côtés humains différents… Une histoire qui croit que la vie commence avec l’honneur, et continue avec le sacrifice et la loyauté… Une histoire écrite avec le sang des martyrs qui n’ont q’une seule loyauté pour une seule nation.

 

Si les visiteurs commencent leur tour par la droite, le feu Président Fouad Chéhab sera le premier accueillant… Sa grande photo en noir et blanc reflète son ombre sur l’armoire en bois qui comporte son uniforme militaire garni de médailles d’honneur, à côté son fusil français (7,5 mm de grade) et son épée, en addition de ses autres munitions militaires. Quant à sa vision lointaine, elle semble qu’elle voit à travers le premier drapeau de l’armée libanaise levée sur le mur en face, un prolongement du trajet préservant la sécurité et la sûreté de la patrie… Le premier drapeau qui ne diffère pas du drapeau national que par les mots « honneur » et « patrie » garnissant le cèdre, et par les deux blés de la paix qui tiennent les quatre bous du drapeaux.

 

Les anciennes armes remplissent l’endroit… rafraîchissant la mémoire du visiteur, l’emmenant au temps de l’histoire… les épées et les haches garnissent les murs. Elles étaient un des jours une arme manuelle examinant l’audace du soldat défendant sa partie… Alors que les fusils occupent une place majeure pour évoquer une science dont le point de départ fut la sculpture sur la pierre.

 

Les photos et les tableaux occupent aussi une place importante à l’intérieur. Et voilà un tableau huileux qui présente l’officier Taleb Hobeich ()le 1er officier libanais durant le règne de l’empire ottoman. Il paraît avec son tarbouche et son uniforme militaire. Alors que dans un autre tableau figurait le régiment des cavaliers de 1937 avec son chef le lieutenant colonel français Gomeland. Le bataillon des cavaliers de 1950 avec son chef, le capitaine Jed figuraient dans une autre photo.

 

L’icône copie conforme de l’icône bronze originale "Kana, la fête du martyre" représente parfaitement et d’une manière très expressive les actes. Cette icône fut dessinée pur l’artiste Michel Sakr qui l’a présenté à l’institution militaire libanaise qui la considère celle qui protège l’entité, prend soin des art et préserve le patrimoine, sous le patronage du Président de la République, Général Emile Lahoud et le commandement du Général Michel Sleiman qui poursuit le principe de son prédécesseur. Puis il l’a offerte au théâtre militaire à l’armée libanaise présidé par le colonel Assaad Makhoul.

 

L’icône créée par l’artiste Sakr peu après le massacre de kana, commémoraisant les martyrs… tous les martyrs tombés en défendant la patrie. Cette icône fut inaugurée à Jbeil – Byblos, puis transférée au Parlement où elle fut fixée et fut donnée « le bouclier de Kana » Kana la mémoire historique qui témoignait le miracle de la transformation et de la résurrection après 2000 ans…

 

C’est une relation dialectique entre la patrie, l’être humain et Dieu. Inspirée par l’originalité libanaise, incarnée par le cèdre, symbole de la sagesse, de la ténacité et de la loyauté, dont ses racines se sont plongées dans les corps de ceux qui protègent la patrie. Planté dans une terre où il fut arrosé par le sang des martyrs … A l’abri de ce cèdre se tiennent l’armée et le peuple, le préservant en répétant l’hymne national. Ils préservent la patrie à l’aide du pinceau, comme à l’aide de l’épée, et l’amour de la patrie les unit. En bas de ce tableau, la mère du martyr enlace son enfant, tombé lors de la bataille, en défendant la patrie… Elle s’assied, fièrement, avec toute la grandeur libanaise, ne poussant aucun cri, et ne considérant pas la mort de son enfant une perte mais un miracle de résurrection … Et voici le frère du héros, se tenant debout et portant l’uniforme militaire.

 

L’histoire ne termine jamais au musée… La pétition historique, signée par 41 officiers libanais suite à la proposition du capitaine Jamil Lahoud «Général Lahoud», selon laquelle les officiers ont décidé de ne servir que sous l’égide du drapeau national, sculpté sur le bois…

 

Cette pétition fut après la division de la France en 1941, et la participation des unités de la France libre sous le commandement du Général De Gaulle dans la guerre des alliés contre les pays de l’axe "Allemagne et l’Italie". Ce qui a abouti en été du 1941 à ce que les forces communes britanniques et françaises libres attaquent les forces françaises du gouvernement de Vichy stationnant en Syrie et au Liban, et ce à travers la Palestine. Les forces françaises stationnées en Syrie ont résisté contre l’invasion des alliés, avec la participation des forces libanaises et syriennes qui furent soumises à ce commandement à l’époque. Cet arrangement a incité l’opposition des officiers libanais, les chefs des tireurs libanais, qui ont considéré que le Liban ne doit pas interférer dans les différends entre les partis d’un seul peuple, et ses soldats ne doivent que défendre leurs frontières contre tout ennemi.

Les textes honorables continuent, à exposer les héliades, dont parmi eux le texte portant sur la bataille de Malkieh, quand des héros libanais, syriens et iraquiens ont réussi, avec la contribution des bénévoles yougoslaves, à chasser les israéliens de Malkieh, le 15/16 Mai 1948.

 

De même le musée comprend les cadeaux, les boucliers commémoriaux, les attestations d’appréciation offerts à l’armée libanaise, et les dons qui ne finissent jamais. Il y a le cadeau qu’a offert la délégation militaire de la république arabe unie le 22/11/1961, à l’occasion de la fête de l’indépendance. Ainsi qu’une attestation d’appréciation offerte par le secrétariat général du conseil de coopération des pays du Golf, le 05/09/1999, pour l’appréciation de la participation de l’armée libanaise et ses efforts fournis au camp du travail commun des jeunes du Liban et du conseil de coopération des pays du Golf Bhamdoune, ainsi que d’autres boucliers et certificats.

 

Quant à l’histoire militaire moderne, elle aussi a sa propre part, à travers les mémorandums de service et d’exemption, dont notamment trois : Le premier est le décret no. 3, promulgué le 28/11/1989 concernant l’exemption du général Michel Aoun de sa mission et la nomination du général de brigade Emile Lahoud commandant en chef de l’armée. Le second fut un mémorandum de service promulgué le 13/06/1991 visant à absorber près de 6000 membres des partis libanais dans l’armée et les FSI et leur ouvrir des camps de formation. Alors que le troisième est un décret-loi 102/83 et ses amendements et visant à ce que tous les libanais soient soumis au service militaire.

 

Le musée militaire au Liban est le portail historique dont les portes sont grand ouverts recueillant toute personne désirante rafraîchir une mémoire qui s’est ennuyée d’un excès de brouillard.