Union Européenne et Unité Arabe Etude Comparative

Union Européenne et Unité Arabe Etude Comparative
Préparé par: Rudyard KAZAN
Chercheur

«Le peuple français a taillé dans un granit indestructible et posé au cœur même du vieux continent monarchique la première assise de cet immense édifice de l’avenir qui s’appellera les Etats-Unis d’Europe».Déclaration de Victor Hugo devant l’Assemblée Nationale, en 1849.
«Les Etats-Unis d’Europe se feront dans la douleur et les Etats-Unis du monde ne sont pas encore là».
André Malraux, Appel aux intellectuels, Salle Pleyel, 5 mars 1948.
«De tous les peuples, les Arabes sont les moins disposés à la subordination».
Ibn Khaldoun, Prolégomènes, 1er livre (vers 1375).
«Vous n’avez pas idée, Monsieur le Président, de la tâche que vous vous êtes assignée. Vous trouverez la Syrie bien difficile à gouverner.
Vous avez accueilli un peuple dont tous les individus se prennent pour des politiciens, moitié d’entre eux pour des leaders nationaux, le quart pour des prophètes et le dixième au moins pour des Dieux».
Le Président syrien Chukri Quatli au leader égyptien et arabe Jamal Abdel Nasser lors de la proclamation de la République Arabe Unie entre l’Egypte et la Syrie en février 1958.
L’objet de cet article est de démontrer, à travers la marche de l’Europe et du monde arabe vers l’unité, les raisons de la réussite de l’Union Européenne et de l’échec de l’unité arabe. Pourtant le monde arabe a plus de facteurs unificateurs (langue, histoire, religion) que le monde européen. Ce sujet a fait l’objet de beaucoup de débats parmi les intellectuels arabes.
Certains se sont même référés à l’Union européenne pour servir de modèle à l’Unité arabe (Cf. Bibliographie). Aussi pour mieux comprendre les différences entre l’Europe et le monde arabe, nous allons traiter dans une première partie les facteurs qui ont mené à l’Union européenne et dans une seconde ceux qui ont abouti à la création de la ligue des Etats arabes. On démontrera également le fonctionnement de chacune de ces deux organisations régionales. Enfin dans une troisième et dernière partie nous ferons une étude comparative entre l’Union Européenne et la Ligue des Etats Arabes.

 

L'Union Européenne Aperçu historique
Depuis longtemps l’idée européenne était débattue dans les milieux intellectuels ou artistiques; des personnalités isolées avaient élaboré des projets d’organisation relativement abstraits:
Victor Hugo, par exemple, qui appelait au XIXe siècle à la constitution des Etats-Unis d’Europe cependant que Proudhon élaborait les principes d’une fédération européenne. L’idée d’une unité européenne était née de la prise de conscience de similitudes culturelles ou d’un héritage commun. La persistance de facteurs d’homogénéité au-delà du morcellement politique et économique, alimentait l’idée d’unité. La Révolution française autorisait l’espoir d’une Europe fondée sur la liberté et le respect du droit. Peu à peu le concept d’Europe s’est chargé de contenus politiques. La prise de conscience d’une Europe politique s’est répandue d’autant plus que les institutions des divers Etats présentaient des similitudes et que l’existence d’un «esprit européen» semblait admise. Mais ce sentiment d’appartenance à une communauté n’a pas de traduction juridique. Jusqu’au XXe siècle la construction concertée et la nécessité d’assurer la paix ne sont pas apparues dans les objectifs des gouvernants, plus préoccupés de domination ou d’équilibre des forces.
Au cours de l’histoire, l’Europe unie a connu plusieurs formes:
l’Europe unifiée par la conquête, l’Europe de Napoléon ou celle d’Hitler, bien que différentes, échouèrent parce qu’elles supposaient la domination d’un pays sur les autres. L’Europe conçue comme un ensemble d’Etats   dépendants organisant leurs relations sur l’équilibre ou la concertation maintint jusqu’au début du XXe siècle le système de «concert européen».
Forts de la suprématie de la civilisation européenne dans le monde, quelques Etats européens réglaient le sort du monde sans se préoccuper de l’unité européenne ou du maintien de la paix. Le « concert européen » n’empêcha donc évidemment pas les rivalités, et les tentations hégémoniques conduisirent à la Première Guerre Mondiale. Au lendemain de ce conflit, la solidarité européenne apparut soudain évidente pour les gouvernants en raison de la ruine économique, politique et morale résultant de la guerre. L’idée d’organiser pacifiquement l’Europe des Etats fut notamment inscrite dans les postulats de la SDN (Société des Nations). Cette évolution se manifesta également dans la constitution de puissants mouvements européens. Le mouvement Pan-Europe lancé par le comte Richard de Coudenhove-Kalergi, dans les années 1920, reçut l’adhésion de nombreuses personnalités politiques. Il inspira notamment Aristide Briand qui présenta à la SDN, en 1929, un projet d’union fédérale européenne. Mais l’existence d’Etats constitués, forts et indépendants, et la persistance des nationalismes empêchaient encore la réalisation d’une unité politique. L’avènement d’Hitler mit ces projets entre parenthèses.

La volonté de construire l’Europe sur une base fédérale renaît au sein de la Résistance française, puis au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, après l’échec de l’entreprise hitlérienne. L’idée européenne est alors un défi: il s’agit de construire immédiatement une alliance entre des pays qui se sont combattus. La nécessité apparaît de réaliser désormais l’unification par la concertation sur la base d’une égalité des Etats, par la volonté des dirigeants politiques qui prennent acte de la fin de la domination économique, politique et culturelle des pays européens. Des projets politiques d’inspiration socialiste, démocrate-chrétienne, conservatrice ou libérale s’élaborent. En décembre 1947, un comité de coordination réunit différents mouvements européens fédéralistes, nés en dehors des instances gouvernementales mais appuyés par des personnalités politiques et suffisamment puissants pour prendre l’initiative du Congrès de La Haye de mai 1948. De ce congrès naît, d’une part, le Mouvement européen, organisme de coordination présidé par Winston Churchill, Léon Blum, Paul Henri Spaak et Alcide de Gasperi, et, d’autre part, le Conseil de l’Europe composé d’un comité ministériel et d’une assemblée consultative. Mais le conseil réuni pour la première fois en 1949, révèle des difficultés posées par l’unification. Les conceptions de l’Europe divergent.
Il faudrait mentionner que cette idée d’Union Européenne est due en partie à la menace que l’Union Soviétique faisait peser, à partir de la moitié orientale de l’Europe, sur la partie occidentale u continent. Ainsi Paul Henri Spaak a déclaré lors de la roisième session de l’ONU le 28 septembre 1948: «La délégation soviétique ne doit pas chercher d’explications ompliquées à notre politique….Savez-vous quelle est la base de otre politique ? C’est la peur. La peur de vous. La peur de votre ouvernement, la peur de votre politique…».
Alors que d’ambitieux projets d‘union s’élaborent, les dirigeants européens quant à eux, s’orientent vers une orientation intergouvernementale pragmatique. L’idée européenne, empreinte d’atlantisme et d’anticommunisme, coïncide à ce moment-là avec l’impératif de  reconstruction, du maintien de la paix et de l’indépendance des Etats occidentaux. Paradoxalement, la pression des Etats-Unis joue un rôle déterminant dans la construction d’une Europe coordonnée et non plus composée de puissances juxtaposées. En effet, l’octroi de crédits Marshall est lié à la création en 1948 de l’OECE (Organisation européenne de coopération économique) qui comprend seize Etat et dont la mission est d’assurer la répartition des fonds américains. Cette institution commune représente une amorce de supranationalité.
Cet organisme commun permanent qu’était l’OECE était chargé de gérer, en liaison avec l’Administration Economique de Coopération, instituée aux Etats-Unis, l’aide américaine à l’Europe, d’harmoniser, par ses recommandations, les politiques économique des pays bénéficiaires et de susciter le développement. Entre 1948 et 1952 plus de douze milliards de dollars ont été distribués. Les échanges européens furent libérés progressivement jusqu’à 90 pourcent dans le cadre de l’Union Européenne des Paiements.

L’intégration européenne débute le 9 mai 1950 par la déclaration historique du ministre français des Affaires Étrangères, Robert Schuman, qui propose aux pays européens de mettre en commun leurs ressources en charbon et acie: «Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d’intérêts indispensable à l’établissement d’une communauté économique et introduit le ferment d’une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes ». Les négociations menées dans ce sens aboutissent à la signature à Paris le 18 avril 1951 du traité constitutif de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier).
L’idée qui préside à l’élaboration de ce projet, inspirée par l’économiste français Jean Monnet, commissaire au Plan, est la réalisation de l’intégration européenne à partir d’un domaine particulier. Pour la première fois, l’unité économique de l’Europe reçoit une traduction juridique. Le plan Schuman est une étape décisive: il s’agit de la première tentative de fonder des institutions européennes supranationales. En effet, les six pays signataires du traité constitutif de la CECA (la République fédérale d'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas) acceptent de déléguer une partie de leurs prérogatives à une haute autorité dotée de pouvoirs propres de décision.
Par la suite s’élaborera peu à peu un projet d’une communauté européenne appliquée à la défense, qui constituerait le prélude à l’union politique. Si l’union défensive de l’Europe apparaît nécessaire pour éviter un nouvel affrontement européen, elle devient également pressante devant le renforcement des forces communistes d’autant que la guerre froide s’installe. L’Union occidentale (militaire) créée en 1947 est insuffisante. Enfin, le souhait des Etats-Unis d’assurer le réarmement allemand conduit le gouvernement français à proposer à ses partenaires le traité constitutif de la CED (Communauté Européenne de Défense) qui crée une organisation et une autorité militaires supranationales en reprenant les principes institutionnels de la CECA. Le projet signé à Paris le 27 mai 1952 est rejeté par les arlementaires français en 1954 : l’idée de supranationalité appliquée au domaine sensible de la défense heurte d’ailleurs tous les nationalismes.
Après l’échec du projet de la CED, la défense européenne est englobée dans l’OTAN dont la stratégie est soumise à la volonté américaine. Cet échec indique que l’idée d’intégration n’est pas totalement acceptée.
Mais c’est pour ne pas rester sur cet échec qu’en 1955 les ministres des Affaires Étrangères de la CECA se réunirent à Messine. De cette relance sortit le projet de reprendre la construction de l’Europe dans le domaine de l’économie de l’énergie.
Ainsi il n'a fallu que de quelques années pour que les six pays de la CECA décident de faire un pas supplémentaire en procédant à l'intégration d'autres secteurs de leurs économies. En 1957, ils ont signé les traités de Rome instituant la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA ou Euratom) et la Communauté économique européenne (CEE) dont les États membres se sont employés à abolir les barrières commerciales qui les séparaient et à former un "marché commun". Les textes de ces traités, prévoient l’unification par étape.
La création de la CECA permet de passer de la coopération intergouvernementale à l’intégration sur la base de secteurs économiques clés. Les traités de 1957 étendent ensuite cette solidarité à l’ensemble de  l’économie. La CEE se fixe en effet comme objectif de supprimer les obstacles aux échanges et de coordonner les politiques économiques. L’organisation juridique créée en 1957 se distingue des organismes internationaux puisqu’elle accorde aux institutions communautaires des compétences propres qui peuvent se substituer aux décisions nationales. Mais la relance européenne de 1957 ne pose pas les questions institutionnelles qui permettraient de réaliser une construction par le haut, c’est-à-dire un cadre juridique instituant une autorité supranationale et exigeant l’abandon de souveraineté; elle se réalise plutôt conformément à la méthode fonctionnelle et pragmatique d’intégration économique.
En 1967, les institutions des trois communautés européennes (CECA, CEE et EURATOM) fusionnent. A partir de ce moment, il n'y eut plus qu'une Commission unique, un Conseil de ministres unique et le Parlement européen.
A l'origine, les membres du Parlement européen étaient désignés par les parlements nationaux mais en 1979 ont eu lieu les premières élections au suffrage universel direct qui ont permis aux citoyens des États membres de voter pour le candidat ou la candidate de leur choix. Depuis lors, ces élections sont organisées tous les cinq ans.
Le traité de Maastricht (7 février 1992) a introduit de nouvelles formes de coopération entre les gouvernements des États membres permettant à la communauté européenne de devenir une Union politique, économique et monétaire. Il prévoit ainsi l’introduction de l’écu comme monnaie unique (Cette monnaie unique est devenue réalité le 1er janvier 2002); l’instauration d’une politique étrangère et de sécurité commune, dont le corps d’armée franco-allemand Eurocorps constitue l’ébauche; la création d’une citoyenneté européenne, impliquant le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes pour tous les ressortissants de la Communauté vivant dans un autre Etat membre que leur pays d’origine; la mise en place d’une politique communautaire, essentiellement dans certains secteurs (éducation, santé publique, protection des consommateurs, transports, télécommunications, et distribution d’énergie, industrie, culture, environnement, recherche, développement et justice);
l’extension des pouvoirs du Parlement Européen, appelé à participer au processus législatif, à approuver la composition de la Commission et tous les traités internationaux importants.
Destiné à entrer en vigueur le 1er janvier 1993, le traité connaît un tout autre destin. L’ampleur des domaines couverts et l’imminence de l’échéance provoquent la méfiance d’une partie de la population et suscitent de virulentes réactions qui contrarient la ratification. Alors qu’au Danemark le « non » l’emporte au référendum du 2 juin 1992 (50,7 %), en France le « oui » l’emporte d’une courte majorité (51,04 %).
Au mois d’octobre 1992, le Parlement danois adopte un compromis national prévoyant un second référendum, mais sur un statut spécial qui épargne au Danemark la monnaie unique, la citoyenneté, les politiques de défense, de justice et de coopération policière communes. Approuvé par le conseil européen d’Edimbourg en décembre 1992, le texte est adopté par près de 57 % des électeurs lors de la consultation du 18 mai 1993. Le traité de Maastricht est malmené mais sauvé. Il entre en vigueur le 1er novembre 1993.

Le fonctionnement de l’Union L'intégration européenne
L'intégration économique et politique des États membres de l'Union européenne signifie que ces pays doivent prendre des décisions communes en de nombreuses matières. Ils ont donc élaboré des politiques communes dans des domaines très divers:
de l'agriculture à la culture, de la protection des consommateurs à la compétition, de l'environnement et de l'énergie au transport et au commerce.
Dans les premiers temps, l'accent était mis sur une politique commerciale commune pour le charbon et l'acier et sur une politique agricole commune. D'autres politiques s'y sont ajoutées à mesure que surgissaient de nouveaux besoins.
Certains objectifs politiques clés ont évolué avec les circonstances. Par exemple, le but de la politique agricole n'est plus de produire le plus possible de produits alimentaires au moindre coût, mais d'encourager des techniques agricoles qui produisent des aliments sains et de qualité tout en respectant  l'environnement. La préservation de l'environnement est désormais prise en compte dans l'ensemble des politiques de l'Union européenne.
Les relations de l'Union européenne avec le reste du monde ont également pris de l'importance. L'UE négocie de grands accords commerciaux et de coopération avec les pays tiers et met en place une politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

Un marché unique
Il a fallu un certain temps aux États membres pour abolir toutes les barrières commerciales qui existaient entre eux et pour faire de leur "marché commun" un véritable marché unique dans lequel les biens, les services, les personnes et les capitaux peuvent circuler librement. Le marché unique a été officiellement achevé à la fin de l'année 1992, bien qu'il reste encore du travail à faire dans certains domaines, comme la création d'un véritable marché unique des services financiers par exemple.
Au cours des années 1990, il est devenu de plus en plus facile aux citoyens de se déplacer en Europe grâce à la suppression des vérifications d'identité et des contrôles douaniers à la plupart des frontières intérieures de l'UE. Cette évolution a accru la mobilité des citoyens de l'UE. Depuis 1987, par exemple, plus d'un million de jeunes Européens ont eu l'occasion d'étudier à l'étranger avec le soutien de l'Union.

La monnaie unique
En 1992, l'UE a décidé de mettre en place une Union économique et monétaire (UEM) comportant l'introduction d'une monnaie européenne unique gérée par une Banque Centrale Européenne. Cette monnaie unique est devenue réalité le 1er janvier 2002, lorsque les billets et les pièces en euros ont remplacé les devises nationales de douze des quinze pays de l'Union européenne (l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal).
Les Etats membres L'UE s'est élargie par vagues d'adhésion successives. Le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni y ont adhéré en 1973, suivis de la Grèce en 1981, de l'Espagne et du Portugal en 1986 et enfin de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède en 1995. L'Union européenne a accueilli dix nouveaux pays en 2004: Chypre, la République Tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie. La Bulgarie et la Roumanie espèrent les rejoindre en 2007; la Croatie et la Turquie entament les négociations d’adhésion en 2005. Afin de permettre à l'UE élargie de fonctionner efficacement, le système décisionnel actuel doit être simplifié. C'est pourquoi le traité de Nice, qui est entré en vigueur le 1er février 2003, a établi de nouvelles règles qui définissent la taille et le mode de fonctionnement de ses institutions. Celui-ci sera remplacé, en 2006, par la nouvelle Constitution de l’UE, une fois qu’elle aura été approuvée par l’ensemble des États membres.

Les Institutions de l’UE Le Conseil de l'Union Européenne
Le Conseil de l'Union Européenne est l'institution décisionnelle principale de l'Union européenne. Il s'appelait à l'origine le "Conseil de ministres", et le plus souvent on l'appelle simplement le "Conseil". Chaque pays de l'Union en exerce la présidence, par rotation, pour une durée de six mois. Il réunit les ministres des pays membres de l'UE selon la matière inscrite à l'ordre du jour: affaires étrangères, agriculture, industrie, transports, environnement, etc. On compte neuf formations différentes du Conseil. Le Conseil des ministres des affaires générales et des relations extérieures a vocation à exercer une fonction de coordination et de programmation des travaux.
Le Conseil dispose du pouvoir législatif qu'il partage avec le Parlement européen. Il exerce également avec le Parlement le pouvoir budgétaire. Le Conseil arrête les accords internationaux négociés au préalable par la Commission. Selon les traités, les décisions prises au sein du Conseil sont délibérées à la majorité simple, à la majorité qualifiée ou à l'unanimité.
Dans des domaines essentiels tels que l'adhésion d'un nouvel État, la modification des traités ou la mise en route d'une nouvelle politique commune, le Conseil doit statuer à l'unanimité.
Dans la plupart des autres cas, le Conseil doit statuer à la majorité qualifiée, c'est-à-dire qu'une décision du Conseil n'est valable que si elle recueille un nombre précis de votes favorables.
Le nombre de votes dont dispose chaque pays est pondéré selon la taille relative de sa population.

Le Conseil européen
Le Conseil européen est né de la pratique, engagée en 1974, de réunir régulièrement les chefs d'État ou de gouvernement de la Communauté européenne. Cette pratique a été institutionnalisée par l'Acte unique européen en 1987. Désormais le Conseil européen se réunit en principe quatre fois par an, sous la présidence du chef d'État ou du gouvernement qui exerce la présidence du Conseil de l'Union, et compte comme membre de droit le président de la Commission. Le président du Parlement européen est écouté à chaque Conseil européen.

Le Parlement Européen
Le Parlement Européen est l'organe d'expression démocratique et de contrôle politique de l'Union qui participe également au processus législatif. Depuis juin 1979, ses membres sont élus au suffrage universel tous les cinq ans.
Jusqu'aux élections de 2004, le Parlement compte 626 députés.
À partir de ces élections, avec les élargissements successifs de l'Union, ce nombre augmentera. Le nombre de députés par pays membre sera comme suit, par ordre alphabétique selon le nom du pays dans sa propre langue:

 

1999-2004

2004-2007

2007-2009

Bulgaria

--

--

18

Belgique

25

24

24

République Tchéque

--

24

24

Danemark

16

14

14

Allemagne

99

99

99

Estonie

--

6

6

Gréce

25

24

24

Espagne

64

54

54

France

87

78

78

Irlande

15

13

13

Italie

87

78

78

Chpre

--

6

6

Lettonie

--

9

9

Lituanie

--

13

13

Luxembourg

6

6

6

Hongrie

--

24

24

Malte

--

5

5

Pays-Bas

31

27

27

 

 

 

1999-2004

2004-2007

2007-2009

Autriche

21

18

18

Pologne

--

54

54

Portugal

25

24

24

Roumanie

--

--

36

Slovénie

--

7

7

Slovaquie

--

14

14

Finlande

16

14

14

Suéde

22

19

19

Royaume-Uni

87

78

78

Total ( maximum)

626

732

786

 

Le Parlement tient normalement ses sessions plénières à Strasbourg et des sessions supplémentaires à Bruxelles. Ses dixsept commissions, qui préparent les travaux des séances plénières, ainsi que les groupes politiques, se réunissent la plupart du temps à Bruxelles. Le siège du Secrétariat Général est installé à Luxembourg.

Le Parlement exerce conjointement avec le Conseil une fonction législative.
Le Parlement partage également avec le Conseil le pouvoir budgétaire: il adopte le budget de l'Union. Il a aussi la possibilité de le rejeter, ce qui s'est déjà produit à plusieurs reprises. Dans ce cas, toute la procédure budgétaire est à recommencer. Préparé par la Commission, le budget fait la navette entre le Conseil et le Parlement. Le Parlement a pleinement utilisé ses pouvoirs
budgétaires pour influer sur les politiques communautaires.
Cependant, une part importante du budget des dépenses agricoles échappe toujours à son contrôle.
Le Parlement est l'organe de contrôle démocratique de l'Union: il dispose du pouvoir de renverser la Commission en adoptant une motion de censure à la majorité des deux tiers. Il contrôle la bonne marche des politiques communautaires en se fondant notamment sur les rapports de la Cour des comptes. Il contrôle également la gestion quotidienne des politiques communes en posant des questions orales et écrites à la Commission et au Conseil. Enfin, le président en exercice du Conseil européen informe le Parlement des résultats obtenus par cette instance.

La Commission européenne
La Commission européenne est l'un des organes clés du système institutionnel communautaire. Jusqu'au 1er mai 2004, elle était composée de vingt membres (deux membres pour la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne, un membre pour chacun des autres pays), nommés pour cinq ans d'un commun accord par les États membres après un vote d'investiture du Parlement.
Le 1er mai 2004, avec l’adhésion de dix nouveaux États membres à l'Union, le nombre de commissaires a également augmenté de dix. À partir du 1er novembre 2004, la nouvelle
Commission comptera seulement 25 membres – un par État membre.
La Commission jouit d'une large indépendance dans l'exercice de ses attributions. Elle incarne l'intérêt communautaire et ne doit se soumettre à aucune injonction de l'un ou l'autre État
membre. Gardienne des traités, elle veille à la mise en œuvre des règlements et des directives adoptés par le Conseil et peut recourir à la voie contentieuse devant la Cour de justice pour faire appliquer le droit communautaire.
Disposant du monopole de l'initiative législative, elle peut intervenir à tout moment pour faciliter un accord au sein du Conseil et entre celui-ci et le Parlement.
Organe de gestion, la Commission exécute les décisions prises par le Conseil, par exemple dans le domaine de la politique agricole commune. Elle dispose d'un large pouvoir dans la conduite des politiques communes dont le budget lui est confié: recherche et technologie, aide au développement, cohésion régionale, etc.
Elle est contrainte à la démission collective lorsqu'elle est censurée par le Parlement européen devant lequel elle est responsable. Placé sous la menace d'une motion de censure du Parlement européen, le président Jacques Santer a remis, le 16 mars 1999, la démission collective de la Commission. Romano Prodi est devenu président de la Commission pour la période 1999-2004.
La Commission dispose pour l'assister d'une administration, composée de trente-six directions générales (DG) et services, dont le siège est réparti principalement entre Bruxelles et Luxembourg. À la différence des secrétariats des organisations internationales classiques, la Commission dispose de l'autonomie financière et peut exercer ses prérogatives en toute
indépendance.

La Cour de justice
La Cour de justice des Communautés européennes, dont le siège est fixé à Luxembourg, est composée d'un juge par État membre et assistée de huit avocats généraux, qui sont désignés d'un commun accord par les gouvernements, pour un mandat de six ans renouvelable. Leur indépendance est garantie. Le rôle de la Cour est d'assurer le respect du droit européen et l'interprétation et l'application correctes des traités.

La Cour des comptes
La Cour des comptes, créée en 1977, est composée d'un membre pour chaque pays de l'Union, désigné d'un commun accord pour six ans par les États membres après consultation du Parlement européen. Elle vérifie la légalité et la régularité des recettes et des dépenses de la Communauté ainsi que sa bonne gestion financière. Le traité d'Amsterdam lui reconnaît le droit de saisir la Cour de justice pour défendre ses prérogatives et élargit son pouvoir de contrôle aux fonds communautaires gérés par les organismes externes.

Le Comité économique et Social Européen
Le Conseil et la Commission sont assistés par le Comité économique et Social Européen pour les affaires intéressant la CE et l'Euratom. Celui-ci est formé de membres représentant les différentes catégories intéressées de la vie économique et sociale, nommés par le Conseil pour une durée de quatre ans. Il doit obligatoirement être consulté avant l'adoption d'un grand nombre de décisions [emploi, Fonds Social Européen (FSE), formation professionnelle, etc.] et peut également rendre desavis de sa propre initiative.

Le Comité des régions
Le Comité des régions, mis en place par le traité sur l'Union Européenne, est composé de représentants des collectivités régionales et locales, nommés par le Conseil sur proposition des États pour quatre ans. Il est consulté par le Conseil ou la Commission dans les cas prévus par le traité et peut, lui aussi, émettre des avis de sa propre initiative.

La Banque Européenne d'Investissement
La Banque Européenne d'Investissement (BEI), située au Luxembourg, est compétente pour accorder des prêts et des garanties pour la mise en valeur des régions moins développées et pour la reconversion d'entreprises.

La Banque Centrale Européenne
La Banque Centrale Européenne (BCE), située à Francfort, a la responsabilité de gérer l'euro et la politique monétaire de l'Union.

Nous avons vu dans cette première partie comment s’est réalisée l’intégration européenne qui a commencé par un accord entre six pays sur un secteur de l’économie et qui a fini en un demi siècle par englober tous les secteurs économiques, financiers et politique. Le monde arabe a connu une toute autre évolution qui empêchera son unité.

L’UNITE ARABE

Aperçu Historique
L’aspiration à l’unité arabe plonge ses racines dans les premiers temps de l’Islam et la conquête arabe aux VIIe et VIIIe siècles. Mais la religion n’en est pas la seule composante : la langue, la culture et un ensemble géographique allant du Golfe à l’Atlantique en constituent des fondements également essentiels. Eliminée par l’Empire ottoman qui étend son emprise sur tout ce qui fut le monde arabe, cette aspiration est ressuscitée par les forces d’opposition à l’Empire Ottoman décadent au XIXe siècle. Elles ont été encouragées par les grandes puissances de l’époque, principalement la Grande Bretagne et la France, rivales parfois ennemies entre elles mais toutes deux hostiles à l’empire ottoman et engagées dans leurs conquêtes coloniales.
Le premier Etat arabe unifié de l’histoire est établi par Mohammad Ali, vice-roi d’Egypte: théoriquement vassal du Sultan, celui-ci avait entrepris la conquête de trois territoires faisant partie de l’Empire- la Syrie, le Liban et la Palestine- et les avait réunis en un Etat qui avait duré de 1832 à 1840, jusqu’à leur récupération par les troupes ottomanes.

A la fin du XIXe siècle, une renaissance culturelle et linguistique arabe prend forme au Liban et en Syrie, relançant les idées de nationalisme arabe, en grande partie animée par les minorités chrétiennes, pour lutter contre la domination ottomane et musulmane qu’elles subissent. Des sociétés secrètes, prônant l’arabité face à l’hégémonie turque, se constituent à la veille et au cours de la Première Guerre Mondiale.

Réticente au début à soutenir les visées du chérif Hussein de la Mecque, pour ne pas heurter de front les autorités turques auxquelles elle est liée par un traité de non belligérance, la Grande-Bretagne fait volte-face, lorsque la Turquie entre en guerre aux côtés de l’Allemagne. Elle s’intéresse alors au projet du chérif Hussein qui est de constituer un «Royaume Arabe» comprenant une fédération de trois Etats indépendants: le Hedjaz, la Syrie et l’Irak, dont les trônes sont dévolus respectivement à ses trois fils: Ali, Fayçal et Abdallah. Convaincue de l’utilité de la contribution du chérif pour abattre l’Empire ottoman, Londres cautionne la «révolte arabe» par le « protocole de Damas». Remis à son fils Fayçal à Damas par l’intermédiaire de deux sociétés Al-Fatat et Al-Ahd (22 mai 1915), ce document comporte de la part de la Grande Bretagne, en échange d’une alliance militaire contre l’empire ottoman, la promesse de la création d’un «grand royaume arabe» indépendant dont la couronne irait aux Hachémites, dans les frontières suivantes; au nord: la ligne Mersin-Adana, au sud: l’océan indien à l’exclusion d’Aden; à l’est: la frontière de la Perse et le Golfe; à l’ouest: la mer Rouge et la Méditerranée.
La révolte arabe est déclenchée sur cette base en juin 1916 et la Grande-Bretagne y participe activement, notamment par la présence du Colonel Lawrence. Après l’occupation de Médine et de Akaba, l’émir Fayçal entre à la tête de l’armée arabe à Damas en ayant Lawrence à ses côtés, avant l’armistice de Moudros (30 octobre 1918). Une déclaration franco-britannique (8 novembre 1918) traitant du sort des provinces arabes de l’empire ottoman fait alors entrevoir la perspective de gouvernements arabes en Syrie et en Mésopotamie. Mais les accords de Sykes-Picot (16 mai 1916) restés secrets, prévoyaient déjà un mandat français en Syrie et au Liban, coupant court au Royaume arabe et de Grande Syrie. Le roi Fayçal, installé sur le trône de Damas, et les nationalistes arabes de l’époque tentent de s’opposer à ce démantèlement a priori du Grand Etat arabe entrevu: en juillet 1919 se tient à Damas un Congrès général syrien qui proclame son opposition aux accords de Sykes-Picot et réclame l’indépendance d’une grande Syrie, monarchie constitutionnelle englobant le Liban et la Palestine. Mais le mandat français sur la Syrie et le Liban est confirmé à la conférence de San Remo (avril 1920) et Damas est conquise par les troupes françaises (24 juillet 1920). Le Roi Fayçal en est chassé après un règne de vingt mois. La Grande Bretagne lui accorde alors, en compensation, le trône d’Irak (23 août 1921). Malgré le succès de la révolte, le Royaume arabe devient de ce fait caduc, Londres ayant donné la priorité à ses engagements envers la France et à la promesse faite par Lord Balfour d’un Etat juif en Palestine,sur ses engagements envers les nationalistes arabes.

Dans les années 1930, une nouvelle génération d’idéologues donne une vision de plus en plus laïque du monde arabe et plaident pour une union de l’ensemble des Arabes qui ainsi pourraient s’imposer sur la scène internationale au lieu d’être soumis aux dominations européennes. Palliant le complexe d’infériorité crée par la suprématie occidentale, l’arabisme laïcisé devient une promesse de renouveau politique, culturel et social. Ces théories reçoivent un très bon accueil dans les milieux d’enseignants qui les diffusent auprès de leurs élèves, très réceptifs à ce genre d’idées lors du combat pour l’indépendance. La presse et la radio permettent l’émergence d’une langue arabe moderne, forme simplifiée de l’arabe classique, qui se superpose aux nombreux dialectes régionaux renforçant le sentiment d’appartenance collective.

Dès le début des années 1930, la Grande-Bretagne, alors omniprésente dans le monde arabe, relance par l’intermédiaire d’un régime protégé- celui d’Irak- le projet d’unité arabe qui à l’époque prend l’appellation de croissant fertile par suite de la forme de territoire qu’il est censé englober. A l’origine, l’objectif britannique est de saper l’influence française en suscitant un courant hostile en Syrie, et de combattre l’implantation américaine en Arabie Saoudite. Le déclenchement de la 2e Guerre Mondiale en 1939 donne à l’utilisation de l’aspiration unitaire arabe par Londres un objectif plus urgent: s’opposer à la tentative de pénétration au Moyen-Orient des puissances  européennes de l’Axe qui aident les nationalistes arabes dans l’espoir d’accéder aux champs de pétrole. C’est dans ce contexte que le Premier Ministre britannique, Anthony Eden, prononce un discours le 29 mai 1941 à la Chambre des Communes dans lequel il déclare: «Le monde arabe a fait de grands pas depuis le rétablissement de sa force réalisé à la fin de la dernière guerre, et beaucoup de penseurs arabes désirent pour leurs peuples un plus haut degré d’unité que celui acquis jusqu’à présent. Pour arriver à cette unité, ils espèrent avoir notre aide. Aucun appel semblable venant de nos amis ne pourrait rester sans réponse. Il me semble à la fois naturel et équitable que non seulement des liens culturels et économiques, mais je le dis aussi, des liens politiques soient renforcés. Le Gouvernement de Sa Majesté, pour sa part, donnera l’appui le plus complet à tout plan qui recevra une approbation générale».

Cette politique de la Grande Bretagne, qui était motivée par le désir de ménager l’appui des Arabes, avait pour objectif accessoire de réduire l’influence française au Moyen-Orient.

Mais la déclaration d’Eden n’a pas d’impact réel à cause de la situation militaire. Le contexte change en 1943 avec le rétablissement de la Grande Bretagne comme puissance dominante dans le Moyen-Orient. En février 1943, à la suite d’une interpellation inattendue d’un parlementaire, Eden est conduit à réitérer sa déclaration du 29 mai 1941. Cette fois tous les hommes politiques arabes le prennent au sérieux.

Prenant appui sur le discours d’Eden, deux dirigeants arabes font des propositions d’unité:
* Le Premier ministre irakien Noury Saïd lance au début de 1943 le projet de croissant fertile dans un «Livre bleu» qui en définit les modalités de base:
- Formation d’une Grande Syrie regroupant la Syrie, le Liban, la Palestine et la Transjordanie - Formation du Croissant Fertile par constitution d’une ligue entre l’Irak et la Grande Syrie dotée d’un Conseil permanent à laquelle pourraient se joindre par la suite d’autres pays arabes. La nature de l’Etat est ainsi créée monarchie ou république, union ou fédération- étant laissée au libre choix de ses habitants.
- Octroi d’une semi-autonomie aux juifs de Palestine.
-Octroi d’un statut privilégié aux maronites du Liban, comparable à celui dont ils jouissaient sous l’Empire ottoman à partir de 1861.

*L’Emir Abdallah de Transjordanie fait proposer par une assemblée de dignitaires  tansjordaniens une «Fédération générale arabe» dont il serait roi. Dans une deuxième étape, cet Etat fédéré établirait à son tour des liens avec l’Irak et éventuellement avec d’autres pays arabes, dans le cadre d’une «Fédération arabe» dont l’autorité s’appliquerait en matière de politique étrangère. Il adopte officiellement ce projet le 6 mars1943.

Les prétentions des Hachémites, dont la dynastie règne à l’époque à Bagdad et Amman, entraînent l’entrée en scène de l’Egypte, dont le Premier ministre Nahas Pacha déclare le 30 mars 1943 que son gouvernement doit s’occuper de la question de l’unité en examinant les opinions et les visées des divers pays arabes. Il s’institue en médiateur et invite les Etats arabes à se réunir en Egypte, en vue d’élaborer un plan d’union. L’objectif de l’Egypte est de neutraliser les deux projets hachémites et de contrecarrer tous les projets de « Grande Syrie ».

Les discussions commencent sous forme de réunions bilatérales entre le Premier ministre égyptien et des Premiers ministres ou ministres des Affaires Étrangères des sept pays arabes qui devaient finalement constituer la Ligue, et qui se rendent l’un après l’autre au Caire pour y rencontrer Nahas Pacha. A l’exception de l’Arabie Saoudite et du Yémen, ces pays n’ont qu’une indépendance limitée: l’Irak, la Transjordanie et l’Egypte sont sous tutelle britannique, la Syrie et le Liban sont sous mandat français. Cependant, à la faveur de la Seconde Guerre Mondiale, ces pays sont sur le point d’accéder à l’indépendance totale et ont pris conscience de la force stratégique de l’unité arabe. Jointe à un désir populaire général, et aux effets du problème palestinien qui se pose déjà avec acuité aux dirigeants arabes, cette prise de conscience amène les différents régimes à essayer de réaliser l’unité, chacun cherchant à le faire à son profit ou, en tout cas à empêcher qu’elle ne se fasse à l’avantage d’un autre.

Les consultations bilatérales sont suivies de la première conférence interarabe qui se tient à Alexandrie (25 septembre-7 octobre 1944) au niveau des Premiers ministres et groupe cinq pays: L’Egypte, l’Irak, le Liban, la Syrie et la Transjordanie. Cette conférence s’achève par la signature d’un protocole prévoyant la création d’une Ligue des Etats arabes, dont le statut reste à établir mais dont le schéma se dessine déjà suivant le modèle égyptien. L’Arabie Saoudite et le Yémen, bien qu’absents, donnent leur accord.

Deux tendances majeures s’affrontent en effet dans toutes les tractations précédant la création de la ligue. La première, qui est celle de l’Irak et de la Transjordanie agissant chacun pour son compte, prévoit une union fédérale d’un nombre restreint de pays arabes, à laquelle les autres pays arabes adhéreraient ultérieurement; la seconde, qui est celle de l’Egypte, préconise une association élastique, comprenant tout les pays arabes, censée se développer jusqu’à atteindre une forme unitaire. Dans la première hypothèse, c’est l’emprise territoriale de l’unité qui doit aller en s’élargissant, dans la seconde c’est son emprise institutionnelle.

La formule égyptienne prévaut finalement, les pays objets de visées irakiennes et transjordaniennes (Syrie, Liban) s’étant rangés du côté du Caire, de même que l’Arabie Saoudite, opposée à la prépondérance irakienne dans la Péninsule Arabique. Cela se traduit dans les dispositions du pacte de la ligue adopté à l’issue d’une seconde conférence des Premiers ministres, tenue au Caire, et principalement dans la dénomination adoptée, le statut juridique de l’institution, larègle de l’unanimité.

Concession formelle aux partisans des ensembles géographiques unitaires immédiats : latitude est laissée aux pays membres de conclure entre eux des accords établissant une collaboration étroite et des liens plus forts que ceux prévus par le pacte de la Ligue.

Le pacte conclu au Caire reprend (en les précisant et en les développant), les principes retenus par le protocole d’Alexandrie, pour servir de fondement à la Ligue, et qui déjà étaient ceux d’une association entre Etats indépendants et non d’une union entre eux. Cependant, du protocole au pacte, cette tendance va s’accentuer à travers une formulation plus générale et, surtout, la disparition des contraintes en matière de politique étrangère contenues dans le protocole. Celui-ci prévoyait, en effet, qu’en aucun cas, «la politique étrangère adoptée par un Etat membre ne saurait porter préjudice à la politique de la Ligue ou à celle d’un autre Etat membre». Au contraire le pacte stipule, par l’interprétation a contrario des dispositions de l’article 9, la liberté totale des Etats membres en matière de conclusion de traités et d’accords aussi bien entre eux qu’avec des pays étrangers. Le protocole faisait également allusion à des étapes ultérieures, ce qui laissait supposer un raffermissement progressif des liens unissant les membres de la Ligue. Cette mention disparaît du pacte qui insiste sur la souveraineté des Etats membres.

Le protocole était, de plus, plus engagé que le pacte au sujet de la Palestine, condamnant l’émigration juive, refusant la confusion entre judaïsme et sionisme, et prévoyant la constitution d’un «fonds national arabe» pour la sauvegarde des terres arabes en Palestine. Le Pacte se contente de souligner que la Palestine jouit depuis 1919 d’une indépendance de jure incontestable, mais qu’elle est empêchée de l’exercer de facto, ce qui rend impossible sa participation à la création de la Ligue arabe. En conséquence, le conseil de la Ligue s’arroge le droit de désigner un délégué de la Palestine. Pas plus le pacte que le protocole ne prévoit de sécurité collective. La Ligue arabe est caractérisée finalement par l’absence de dispositions contraignantes dans son pacte et par le manque d’autorité des organismes qui la constituent.

Les dispositions du pacte.
- Condition d’adhésion (art.1). La Ligue est composée des Etats arabes signataires du pacte. Chaque Etat arabe indépendant peut s’il le désire y adhérer en déposant à cet effet une demande auprès du secrétariat général permanent. Cette demande est ensuite soumise au conseil de la Ligue au cours de sa premièresession subséquente. Elle doit faire l’objet d’un vote.

- Objectifs (art. 2, 4 et 7). La ligue a pour objet de renforcer les liens entre les Etats membres en coordonnant leurs programmes politiques. Le pacte précise toutefois expressément que cela doit se faire dans le respect de la souveraineté et de l’indépendance de chacun des Etats membres. Compte tenu des régimes des Etats membres et des conditions propres à chacun, une étroite coopération est prévue dans les domaines suivant :
- affaires économiques et financières (réciprocité de l’échange,tarifs, monnaie, industrie et agriculture).
- Communications (chemins de fer, routes, aviation,navigations, postes et télégraphes).
- Affaires culturelles.
- Problèmes ayant trait à la nationalité, aux passeports et visas, à l’exequatur de jugements et à l’extradition de criminels.
- Affaires sociales.
- Santé publique.
Un comité spécial est en charge de chacune des sections.

- Le Conseil de la ligue (art. 3, 10, 11, 15). Il comprend tous les Etats membres qui y disposent chacun d’une voix. La présidence est assurée par rotation. La fonction du Conseil est de réaliser les objectifs de la Ligue et de définir les rapports de celle-ci avec les organisations internationales. Des sessions ordinaires biannuelles (mars – octobre) sont prévues et des sessions extraordinaires peuvent se tenir sur requête de deux Etatsmembres.

- La règle de l’unanimité (art. 7). C’est un des fondements de la Ligue arabe. Sont obligatoires pour tous les Etats membres, uniquement les décisions votées à l’unanimité. En conséquence, un Etat de la ligue n’est tenu par une résolution que s’il l’a lui même votée ou s’il l’a laissé voter sans s’y opposer. Il existe cependant des cas limités ou l’unanimité n’est pas requise. Mais il s’agit soit des matières d’importance secondaire (questions relatives au personnel de la ligue, approbation du budget, cadre administratif interne, ajournement des sessions) soit des cas où la règle de l’unanimité est sans objet ou bien inapplicable. Il en est ainsi de l’arbitrage concernant des litiges ne mettant pas en jeu l’indépendance l’intégrité territoriale des pays concernés: il est rendu à la majorité, mais l’arbitrage suppose l’accord préalable des parties auxquelles il s’applique. Par contre si le Conseil entreprend un médiation dans une affaire créant un risque de guerre entre deux Etats membres ou entre un Etat membre et un pays étranger, les décisions sont prises à la majorité, mais il n’est pas précisé qu’elles sont obligatoires.
- Non ingérence (art. 8). Les Etats membres s’engagent à respecter leurs régimes respectifs et à n’entreprendre aucuneaction de nature à les modifier.
- Relations spéciales (art. 9). Les membres désireux d’établir entre eux une coopération et des liens plus étroits que ceux spécifiés par le pacte ont le droit de conclure les accords nécessaires à cet effet. Mais ces accords ne « seront ni obligatoires ni contraignants pour les autres membres »
- Plainte contre agression (art. 6). En cas de plainte d’un Etat membre contre un autre Etat membre, les résolutions sont prises à l’unanimité, mais sans prendre en considération le vote de l’Etat agresseur. De plus, si le gouvernement du pays subissant l’agression n’est plus en mesure de communiquer avec la Ligue, tout Etat membre peut demander la convocation du Conseil.
- Retrait et expulsion (art. 18). Le pays qui voudrait se retirer de la Ligue doit aviser le Conseil; le retrait ne devient effectif qu’après un délai d’un an. L’expulsion d’un Etat membre ne remplissant pas ses obligations doit être décidé à l’unanimité moins la voix de l’Etat concerné.

Principales organisations de la Ligue des Etats arabes

Le Conseil de la Ligue
Le Conseil de la ligue est constitué de tous les Etats membres, ce qui rend sans objet l’existence d’une assemblée générale. Il constitue l’organe suprême de la Ligue lorsque se tient un conférence arabe au sommet, c’est en fait le Conseil de la ligue que se réunit au plus haut niveau. Le niveau auquel siège le Conseil de la Ligue est déterminé par consultation à chaque session. Outre les sommets, le Conseil se tient soit au niveau des chefs de gouvernement soir à celui des ministres, soit à celui des représentants auprès de la Ligue des Etats membres, la règle générale pour les votes est celle de l’unanimité, sauf dans des cas limités (cf. supra).

Conseil du Sommet
Les événements et les mutations qui ont secoué le monde arabe ont poussé les rois et les chefs d'Etat à appeler, de temps à autre, à l'organisation d'une rencontre au sommet: 30 sommets ont eu lieu depuis la fondation de la Ligue.
Le premier Sommet s'est tenu en Egypte le 28 mai 1946.Le dernier a eu lieu à Tunis en mai 2004.
Les résolutions des Sommets ont couvert toutes les affaires arabes. Lors de la réunion extraordinaire du Caire en 2000, les dirigeants arabes ont adopté un avenant à la Charte, lequel prévoit des réunions périodiques au Sommet.

Conseil des ministres
Le Conseil des ministres se réunit deux fois dans l'année, en mars et en septembre. Une troisième réunion, en mars, est consacrée à la préparation du Sommet.
Le Conseil des ministres arrête la politique générale de la Ligue et traite des questions que lui soumettent le Secrétaire général de la Ligue ou des Etats membres. De même, il examine les rapports que doivent lui présenter les conseils et les organisations spécialisés de la Ligue. Il lui appartient de définir les moyens de coopération avec les organisations internationales et de gérer les affaires administratives et financières de l'organisation.

Le Conseil de Défense Commune

Le conseil de Défense commune est formé des ministres des Affaires Étrangères et de la Défense des pays contractants ou de leurs représentants. Son rôle s’étend à tous les problèmes de sécurité collective y compris « l’utilisation de la force armée pour faire face à l’agression et rétablir la sécurité et la paix »; et pour cela, « la coordination des ressources militaires disponibles et la préparation des plans de défense communes». Les résolutions du conseil de défense commune, prises à la majorité des deux tiers, doivent être entérinées par le Conseil de la Ligue. Crée en 1950, le conseil considérait que toute agression contre un Etat arabe est une agression contre tous les Etats membres de la ligue. Ce conseil est tombé en désuétude vu qu’il n’a jamais rempli son rôle lors des événements menaçants un Etat arabe membre de la ligue.

Le Conseil économique et social

Le Traité de défense commune et de coopération économique prévoit la création d'un Conseil économique que le Conseil de la Ligue a transformé en 1977 en Conseil économique et social. Cet organisme se compose des ministres spécialisés ou de leurs représentants. Sa mission est de réaliser les objectifs de la Ligue en matière économique et sociale. Il a également comme attribution la création ou la suppression de tout organisme spécialisé. Il suit régulièrement la concrétisation des objectifs assignés à ces organismes.

Des efforts sont actuellement en cours pour améliorer le fonctionnement du Conseil et lui conférer davantage d'efficacité dans l'accomplissement de son rôle de pilotage de l'action commune dans les domaines économique et social, l'objectif final étant l'établissement d'une nouvelle carte économique du monde arabe.

Un plan de réforme du Conseil sera présenté au Sommet de Tunis, dans le cadre du plan général de restructuration de l'ensemble de l'organisation de la Ligue.

Le Secrétariat Général

C'est l'institution d'administration de la Ligue et l'organe exécutif de son Conseil et des Conseils des ministres spécialisés. La Charte fixe ses attributions parmi lesquelles la coordination entre les diverses institutions et organisations oeuvrant dans des domaines spécialisés.
Le Secrétariat Général est placé sous l'autorité du Secrétaire Général. Celui-ci est assisté dans l'accomplissement de sa mission par un comité dit Comité du Secrétariat Général composé des Secrétaires généraux adjoints et des Conseillers du Secrétaire Général. Ce comité se réunit, sous la présidence du Secrétaire Général, une fois tous les quinze jours et chaque fois que celui-ci décide de le convoquer.
Le Secrétariat Général est composé du Secrétaire Général et des responsables des organismes rattachés au Secrétariat Général.

Le Secrétaire Général
Il a sous sa responsabilité les activités du Secrétariat Général, des structures qui lui sont rattachées, de ses missions et de ses centres implantés à l'étranger. Il assure la coordination entre les différents organes du Secrétariat Général et le suivi de l'exécution des résolutions de la Ligue. Conformément à l'avenant spécial relatif à la périodicité des réunions du Sommet, l'élection du Secrétaire Général a lieu dans le cadre de la réunion au Sommet. Son mandat est de cinq ans. Il est renouvelable.

Autres institutions
Il y a les Organismes rattachés au Secrétariat Général (Le Fonds de l'assistance technique des Etats africains, établi au Caire; l'Académie arabe de musique, établie à Bagdad et L'Institut supérieur arabe de traduction, établi à Alger, et qui n'est pas encore entré en fonctionnement), les Centres rattachés à la Ligue (Centre de la Ligue à Tunis; le Bureau principal de boycott d'Israël établi à Damas; Le Centre arabe de recherches juridiques et judiciaires, établi à Beyrouth; et le Centre de recherches en ressources hydrauliques, établi à Damas) et les comités techniques (Le Comité technique des affaires administratives et financières Comité permanent de l'information arabe, le Comité permanent des affaires juridiques, le Comité arabe des Droits de l'homme, et le Comité permanent de la météorologie).

En outre la Ligue a créé des organismes de contrôle et des organismes judiciaires (Le Tribunal administratif, le Tribunal de l'investissement et le Comité supérieur de contrôle). On a aussi les Conseils ministériels spécialisés (Le Conseil des ministres arabes de l'information, le Conseil des ministres arabes de la Justice, le Conseil des ministres arabes de l'Habitat et de l'urbanisme, le Conseil des ministres arabes du Transport, le Conseil des ministres arabes de l'Environnement, le Conseil des ministres arabes de la Communication, le Conseil des ministres arabes de l'Electricité, le Conseil ministériel arabe du Tourisme, le Conseil des ministres arabes des Affaires sociales, le Conseil des ministres arabes de la Jeunesse et des Sports, le Conseil des ministres arabes de la Santé).

Dans cette seconde partie nous avons vu comment s’est constituée La Ligue Arabe qui est née plus des dissensions entre régimes arabes différents que d’une volonté à réaliser une unité effective. Certains régimes ont proposé une unité politique (entre régimes totalement différents politiquement et économiquement) au lieu de commencer par l’infrastructure comme ce fut le cas pour l’Europe occidentale. Ainsi s’est constituée une ligue qui ne jouit d’aucun pouvoir effectif puisque la règle de l’unanimité prévaut.

 

ETUDE COMPARATIVE

L’Union Européenne s’est effectuée entre Etats développés, aux systèmes démocratiques analogues (démocraties libérales), respectant les droits de l’homme et du citoyen. C’est pour cela que la démocratie devint une condition nécessaire pour rejoindre la communauté européenne. En plus, l’Union Européenne s’est déroulée par étapes. Ainsi comme il a été mentionné ci-dessus, la relance européenne de 1957 ne pose pas les questions institutionnelles qui permettraient de réaliser une construction par le haut, c’est-à-dire un cadre juridique instituant une autorité supranationale et exigeant l’abandon de souveraineté; elle se réalise plutôt conformément à la méthode fonctionnelle et pragmatique d’intégration économique. Cette méthode était la seule à pouvoir réaliser démocratiquement, une unité face à la diversité des cultures, nationalités et races. N’oublions pas que les pays européens se sont battus entre eux durant des siècles. Ces luttes ont coûté la vie à des dizaines de millions de personnes et ont été la cause des deux guerres mondiales. Avec la Guerre Froide, l’Europe perd la direction du monde. La menace de l’Union Soviétique d’étendre son influence sur l’Europe occidentale obligea les pays ouest-européen à oublier leurs différends et à s’allier avec les Etats-Unis pour faire face au danger. Cette dernière aida à la construction de l’Europe à travers le plan Marshall entre 1948 et 1952. Le parapluie sécuritaire américain et le plan Marshall sont les deux facteurs qui permirent le démarrage de l’intégration européenne. Le fait que l’intégration européenne ait commencé avec le charbon et l’acier n’est pas fortuit : en effet ce secteur constituait le nerf de l’industrie européenne. De plus, en optant pour le secteur qui constitue la base de l’industrie militaire on voulait mettre fin au complexe de la peur de l’autre. La méthode fonctionnelle se poursuivit par étapes: union douanière, marché commun, union économique et monétaire, etc. Et ceci avant de passer à la construction d’une union politique aussi par étape: politique étrangère, sécurité commune, constitution européenne, etc. En d’autres termes la construction européenne est partie du particulier au général, de l’infrastructure à la superstructure. De plus l’Union a pu trouvé un formule équilibrée préservant la souveraineté de chaque pays et prenant en considération les différentes capacités et les divers poids de chaque pays. Ainsi dans certains domaines le principe de l’égalité entre pays est pris en compte pour le vote où la décision est adoptée à l’unanimité et dans d’autres on a recours à la majorité qualifiée (Cf. supra).

L’expérience de l’unité arabe, quant à elle, a eu lieu dans un tout autre contexte historique et politique.
La ligue est née dans une atmosphère régionale et internationale hostile à toute unité arabe (colonialisme et sionisme). Dès le départ, il y avait deux courants dans le monde arabe : unioniste qui voulait pousser l’unité jusqu’à l’extrême (Edification d’un Etat Arabe unitaire) et régionaliste qui réduisait la coopération arabe au strict minimum (coordination entre Etats arabes indépendants). De plus les Etats arabes n’étaient pas encore politiquement matures; en d’autres termes ils étaient encore sujets à des coups d’état et troubles internes. Cette instabilité des régimes arabes empêcha l’édification d’institutions arabes communes efficaces. Ajoutons à tout cela que la plupart des pays arabes, sinon tous, étaient soumis, même après leur indépendance, aux différentes puissances internationales, puissances qui ne voulaient pas qu’une telle unité se réalise. Bien plus cette intégration a été affectée par les puissances régionales (Turquie, Israël et Iran). Les Arabes ont mené cinq guerres contre Israël, sans compter la guerre irako-iranienne. Bien plus, les Arabes se sont battus entre eux (guerre du Yémen, invasion irakienne du Koweit, Première guerre du Golfe…).
Par ailleurs les institutions d’intégration de la Ligue sont inefficaces en pratique car elles n’ont aucun pouvoir sur un Etat tiers. En effet, dans la plupart des cas l’unanimité est exigée pour l’application d’une décision. Sur le plan économique par exemple, le pacte parle de coopération économique et non de fusion ou d’intégration.
Ajoutons à tous ceci, l’absence de démocratie. L’Union Européenne s’est réalisée entre Etats à régimes similaires (démocraties libérales). Ce qui n’est pas le cas des Etats arabes qui ont des régimes en apparence soit monarchiques soit républicains soit parlementaires mais qui en réalité et dans la plupart des cas sont proches des régimes totalitaires. Bien que disposant d’une constitution qui réglemente les relations entre les pouvoirs, les pays arabes, à l’exception peut-être du Liban, sont dirigés par un leader (président de la République, Roi ou Emir) qui règne jusqu’à sa mort s’il n’est pas renversé par un coup d’Etat.
Enfin, les tentatives d’Union (telle celle de la République Arabe Unie entre l’Egypte et la Syrie en février 1958), ont toujours commencé par le haut par la superstructure: l’union politique précédait l’union économique ou l’intégration de certains secteurs de l’économie. C’est la raison de l’échec des tentatives d’union. Par ailleurs, si La Ligue Arabe est inefficace c’est parce qu’elle a réduit la coopération entre Etats à son strict minimum. En somme, le conflit israélo-arabe, l’influence des puissances internationales sur le monde arabe, les luttes interarabes,l’absence d’institutions de fusion efficaces ainsi que l’exigence de l’unanimité, et enfin l’absence de démocratie dans le monde arabe, tous ces éléments sont autant de facteurs qui expliquent l’échec de l’unité arabe.

CONCLUSION
Nous avons vu à travers l’histoire de l’Union Européenne et celle de La Ligue Arabe les raisons de la réussite de l’intégration européenne et de l’échec de l’unité arabe. Ces raisons comme on l’a vu sont surtout d’ordre fonctionnel (intégration économique par secteur) et politique (absence de démocratie, menaces extérieures des puissances régionales, luttes interarabes…). Mais par delà les divergences dans le monde arabe, une unité inspirée du modèle européen n’est pas impossible : pour ce faire, il faudrait surtout et avant tout que les pays arabes se développent en instaurant des régimes démocratiques. Ensuite il faudrait procéder à une unité par étapes et par secteur en commençant par un domaine de l’économie comme ce fut le cas pour la CECA en Europe. A partir de là tout devient possible.

 

ANNEXES

Annexe I
A- Les Secrétaires généraux de la Ligue arabe
Depuis la création de la Ligue des Etats arabes en 1945 le poste de Secrétaire général a été occupé successivement par six personnalités :
1. Abderrahman Azzam (1945 – 1952 )
2. Abdelkhalek Hassouna (1952 – 1972)
3. Mahmoud Riadh (1972 – 1979 )
4. Chedly Klibi (1979 – 1990 )
5. Ahmad Ismat Abdelméjid (1991 – 2001)
6. Amr Moussa (2001)

B- Pays membres
Pays Date d'adhésion
Jordanie* 22.3.1945
Irak* 22.3.1945
Liban* 22.3.1945
Syrie* 22.3.1945
Egypte* 22.3.1945
Arabie Saoudite* 22.3.1945
Yémen* 5.5.1945
Libye 28.3.1953
Soudan 19.1.1956
Tunisie 1.10.1958
Maroc 1.10.1958
Koweit 20.7.1961
Algérie 16.8.1962
Bahrein 11.9.1971
Qatar 11.9.1971
Oman 29.9.1971
Emirats Arabes Unis 6.12.1971
Comores 20.11.1973
Mauritanie 26.11.1973
Somalie 14.2.1974
Palestine 9.9.1976
Djibouti 4.9.1977
* Pays fondateurs

 

Annexe II
Chronologie de la construction européenne
1948

7-11 mai
Congrès de La Haye: plus de mille délégués venus d'une vingtaine de pays européens discutent de nouvelles formes de coopération en Europe. Ils se prononcent en faveur de la création d'une "Assembléeeuropéenne".
1949
27 et 28 janvier
À la suite du congrès de La Haye, le Conseil de l'Europe est créé. Il siégera à Strasbourg.
Cette même année, il commence à rédiger la convention européenne des droits de l'homme. Signée à Rome en 1950, elle entrera en vigueur en septembre 1953.
Progressivement, presque tous les pays du continent sont devenus membres du Conseil de l'Europe.
1950
9 mai
Robert Schuman, ministre français des affaires étrangères, propose, dans un discours inspiré par Jean Monnet, la mise en commun des ressources de charbon et d'acier de la France et de la République fédérale d'Allemagne dans une organisation ouverte aux autres pays d'Europe.
Puisque cette date peut être considérée comme la naissance de l'Union européenne, le 9 mai est devenu une fête annuelle: la "Journée de l'Europe".
1951
18 avril
Les Six signent à Paris le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA).
Elle entrera en vigueur le 23 juillet 1952, pour une période de cinquante ans.
1955
1er et 2 juin
Réunis en conférence à Messine, les ministres des affaires étrangères des Six décident d'étendre l'intégration européenne à toute l'économie.
1957
25 mars
Signature à Rome des traités instituant la Communauté économique européenne (CEE) et l'Euratom.
Elles entreront en vigueur le 1er janvier 1958.
1960
4 janvier
Signature de la convention de Stockholm créant, à l'initiative du Royaume-Uni, l'Association européenne de libre-échange (AELE), comprenant plusieurs pays européens qui ne sont pas États membres de la CEE.
1962
30 juillet
Entrée en vigueur d'une politique agricole commune (PAC).
1963
14 janvier
Le général de Gaulle annonce, au cours d'une conférence de presse, que la France met son veto à l'entrée du Royaume-Uni dans les Communautés européennes.
20 juillet
Signature, à Yaoundé, de la convention d'association entre la CEE et dix-huit pays africains.
1965
8 avril
Signature du traité de fusion des exécutifs des trois Communautés instituant un Conseil et une Commission uniques. Il entrera en vigueur le 1er juillet 1967.
1966
29 janvier
Compromis dit "de Luxembourg". À la suite d'une crise politique, la France accepte de reprendre sa place au Conseil en contrepartie du maintien de la règle de l'unanimité lorsque des "intérêts très importants" sont en jeu.
1968
1er juillet
Élimination, avec un an et demi d'avance, des derniers droits de douane intracommunautaires pour les produits industriels, et mise en place du tarif extérieur commun.
1969
1er et 2 décembre
Sommet de La Haye. Les chefs d'État ou de gouvernement décident de pousser plus loin l'intégration européenne.
1970
22 avril
Signature, à Luxembourg, du traité permettant le financement progressif des Communautés par des ressources propres et sur l'extension des pouvoirs de contrôle du Parlement européen.
1972
92
22 janvier
Signature, à Bruxelles, des traités d'adhésion des nouveaux membres des Communautés européennes (Danemark, Irlande, Norvège et Royaume-Uni).
24 avril
Constitution du "serpent" monétaire. Les Six décident de limiter à 2,25 % les marges de fluctuation de leurs monnaies entre elles.
1973
1er janvier
Entrée du Danemark, de l'Irlande et du Royaume-Uni dans les Communautés européennes (référendum négatif en Norvège). Les Communautés comptent neuf États membres.
1974
9 et 10 décembre
Sommet de Paris, où les neuf chefs d'État ou de gouvernement décident de se réunir régulièrement en Conseil européen (trois fois par an), proposent d'élire le Parlement européen au suffrage universel et décident la mise en œuvre du Fonds européen de développement régional.
1975
28 février
Signature, à Lomé, d'une convention (Lomé I) entre la CEE et quarante-six États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.
22 juillet
Signature du traité renforçant les pouvoirs budgétaires du Parlement européen et créant la Cour des comptes européenne. Il entre en vigueur le 1er juin 1977.
1978
6 et 7 juillet
Sommet de Brême. La France et la République fédérale d'Allemagne y proposent une relance de la coopération monétaire par la création d'un système monétaire européen (SME) devant se substituer au "serpent". Le système commence à fonctionner le 13 mars 1979.
1979
28 mai
Signature de l'acte d'adhésion de la Grèce aux Communautés.
7 et 10 juin
Première élection au suffrage universel des 410 membres du Parlement européen.
1981
1er janvier
Entrée de la Grèce dans les Communautés européennes. Les Communautés comptent dix États membres.
1984
28 février
Adoption du programme Esprit, programme de recherche et de développement dans le domaine des techniques de l'information.
14 et 17 juin
Deuxièmes élections directes du Parlement européen.
1985
7 janvier
Jacques Delors devient président de la Commission (1985-1995).
12 juin
Signature des actes d'adhésion de l'Espagne et du Portugal aux Communautés européennes.
Du 2 au 4 décembre Conseil européen à Luxembourg. Les Dix s'accordent pour réviser le traité de Rome et relancer l'intégration européenne, par la rédaction d'un "Acte unique européen". Il prévoit la création du marché unique avant 1993.
1986
1er janvier
Entrée de l'Espagne et du Portugal dans les Communautés européennes. Les Communautés comptent douze États membres.
17 et 28 février
Signature à Luxembourg et à La Haye de l'Acte unique européen. Il entre en vigueur le 1er juillet 1987.
1987
15 juin
Début du programme Erasmus qui fournit un soutien aux jeunes européens désireux de poursuivre leurs études dans d'autres pays de l'Europe.
1989
15 et 18 juin
Troisièmes élections directes européennes.
9 novembre
Ouverture du mur de Berlin.
9 décembre
Conseil européen de Strasbourg décidant la convocation d'une Conférence intergouvernementale sur l'approfondissement de la construction politique et monétaire européenne.
1990
19 juin
Signature de l'accord de Schengen, qui vise à abolir les contrôles aux frontières entre les pays membres des Communautés européennes.
3 octobre
Réunification allemande.
14 décembre
Ouverture, à Rome, des Conférences intergouvernementales sur l'Union économique et monétaire (UEM) et sur l'Union politique.
1991
9 et 10 décembre
Le Conseil européen à Maastricht adopte un traité sur l'Union européenne. Il prévoit une politique étrangère et de sécurité commune, une coopération plus étroite dans les domaines de la justice et des affaires intérieures et la création d'une Union économique et monétaire, y compris une monnaie unique. La coopération intergouvernementale dans ces domaines ajoutée au système communautaire existant crée l'Union européenne (UE). La CEE est rebaptisée "Communauté européenne" (CE).
1992
7 février
Signature du traité sur l'Union européenne à Maastricht. Il entre en vigueur le 1er novembre 1993.
1993
1er janvier
Mise en place du marché unique.
1994
9 et 12 juin
Quatrièmes élections européennes.
24 et 25 juin
Conseil européen à Corfou: signature des actes d'adhésion à l'Union européenne de l'Autriche, de la Finlande, de la Norvège et de la Suède.
1995
1er janvier
Entrée de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède dans l'Union européenne (référendum négatif en Norvège). L'UE compte quinze États membres.
23 janvier
Entrée en fonction de la Commission présidée par Jacques Santer (1995-1999).
27 et 28 novembre
µConférence euro-méditerranéenne de Barcelone, engageant un partenariat entre l'UE et les pays du sud
de la Méditerranée.
1997
16 et 17 juin
Le Conseil européen d'Amsterdam adopte un traité qui donne à l'UE de nouvelles compétences.
2 octobre
Signature du traité d'Amsterdam. Il entre en vigueur le 1er mai 1999.
1998
30 mars
Lancement du processus d'adhésion des nouveaux pays candidats. Ce processus va englober Chypre,Malte et dix États d'Europe centrale et orientale.
3 mai Le Conseil européen de Bruxelles décide que onze États membres (la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Autriche, le Portugal et la Finlande) remplissent les conditions nécessaires pour l'adoption de la monnaie unique au 1er janvier 1999. LaGrèce suivra.31 décembre Adoption de taux de conversion fixes et irrévocables entre chacune des devises participantes à l'euro.
1999
1er janvier
Début de la troisième phase de l'UEM: les onze monnaies des États participants disparaissent au profit de l'euro. La monnaie commune est introduite sur les marchés financiers. La Banque centrale européenne (BCE) est désormais responsable de la politique monétaire qui est définie et exécutée en euros.
24 et 25 mars
Le Conseil européen de Berlin adopte les perspectives financières pour 2000-2006 dans le cadre de l'Agenda 2000.
3 et 4 juin
Sommet européen de Cologne. La décision est prise de confier la rédaction d'une Charte des droits fondamentaux à une convention composée de représentants des chefs d'État ou de gouvernement, du Défense Nationale Union Européenne et Unité Arabe: Etude Comparative 95 président de la Commission. Nomination d'un "haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune" (PESC), Javier Solana.
10 et 13 juin
Cinquièmes élections européennes.
15 septembre
Entrée en fonction de la Commission présidée par Romano Prodi (1999-2004).
15 et 16 octobre
Conseil européen de Tampere consacré à la réalisation d'un espace européen de liberté, de sécurité et de justice.
10 et 11 décembre
Conseil européen de Helsinki consacré principalement à l'élargissement. La Turquie est reconnue comme candidate à l'UE; la décision est prise de confirmer le processus de négociations avec les douze autres pays candidats.
2000
23 et 24 mars
Le Conseil européen de Lisbonne définit une nouvelle stratégie de l'Union visant à renforcer l'emploi, la réforme économique et la cohésion sociale dans une économie fondée sur la connaissance.
7 et 8 décembre
À Nice, le Conseil européen adopte le texte d'un nouveau traité qui réforme le système décisionnel de l'UE dans la perspective de l'élargissement. Les présidents du Parlement européen, du Conseil européen et de la Commission proclament solennellement la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
2001
26 février
Signature du traité de Nice. Il entre en vigueur le 1er février 2003.
14 et 15 décembre
Conseil européen de Laeken. Adoption d'une déclaration sur l'avenir de l'Union ouvrant la voie à la future grande réforme de l'Union et convocation d'une Convention, présidée par Valéry Giscard d'Estaing, afin de préparer une Constitution européenne.
2002
1er janvier
Mise en circulation des pièces et des billets en euros.
31 mai
Les quinze États membres ratifient simultanément le protocole de Kyoto (l'accord international sur la réduction de la pollution atmosphérique).
21 et 22 juin
Conseil européen de Séville. Accord pour une politique européenne d'immigration et d'asile.
13 décembre
Conseil européen de Copenhague. Accord sur l'adhésion de dix pays candidats (la République tchèque, l'Estonie, Chypre, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Slovénie et la Slovaquie) au 1er mai 2004.
L'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie est prévue à l'échéance 2007.
Décision est prise que, en décembre 2004, si le Conseil européen, sur la base d'un rapport et d'une recommandation de la Commission, décide que la Turquie répond aux "critères de Copenhague", des Union Européenne et Unité Arabe: Etude Comparative Rudyard KAZAN
96 négociations pourront être ouvertes.
2003
16 avril
Signature à Athènes des traités d'adhésion de la République tchèque, de l'Estonie, de Chypre, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Hongrie, de Malte, de la Pologne, de la Slovénie et de la Slovaquie.
10 juillet
Conclusion des travaux de la Convention sur l'avenir de l'Europe; adoption d'un projet de traité
constitutionnel.
4 octobre
Ouverture de la Conférence intergouvernementale chargée de rédiger le traité constitutionnel.
2004
1er mai
Adhésion à l'UE de la République tchèque, de l'Estonie, de Chypre, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Hongrie, de Malte, de la Pologne, de la Slovénie et de la Slovaquie.
10 et 13 juin
Sixièmes élections européennes
2007
Échéance prévue par le Conseil européen de Copenhague en 2002 pour l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'Union européenne.
 

BIBLIOGRAPHIE
- Sur l’Unité arabe : nous nous sommes référés aux ouvrages et documents suivants : La série annuelle des Fiches du Monde arabe ; l’ouvrage d’Olivier CARRE, Le grand jeu. Orient arabe et rivalités internationales, Paris, Armand Colin,1991 ; l’ouvrage en arabe de Ahmed Fares ABDEL MENEEM, La ligue des Etats Arabes 1945-1985. Etude historique et politique, Beyrouth, Centre des Etudes de l’unité arabe,1986 . L’article paru dans le quotidien Al Sharq Al Awsat du 23 mars 2005 sur les « 30 sommets durant 60 ans » ainsi que l’article de Hassan SABER dans le quotidien Al Bayan du 22 mars 2005 « La ligue arabe : 60 ans d’illusion » . Enfin le site Internet de la Ligue arabe : www.arableagueonline.org; et les sites http://www.aidh.org et http://fr.wikipedia.org.
- Sur l’Union européenne : nous nous sommes référés à l’encyclopédie Mémoire du XXe siècle, 12 volumes, Paris, Bordas, 2000, et notamment aux articles suivants : Chantal LAMBRECHTS, « l’Europe une idée », Vol. 1950-1959, pp. 15-17, Emmanuelle HEIDSIECK, « L’intégration européenne », Vol. 1990-1994, pp.16-19 ; Martin WESTLAKE, « Vers l’Europe des Trente-Cinq ? », Vol. 1995-1999, pp. 19-21 ; nous nous sommes également référés aux trois ouvrages d’André FONTAINE sur les relations internationales à savoir : Histoire de la Guerre Froide, 2 tomes, Paris, Fayard, 1976 ; Un seul lit pour deux rêves. Histoire de la détente, Paris Fayard, 1981 et L’un sans l’autre, Paris, Fayard, 1991.Il faut mentionner aussi l’ouvrage de Marcel PACAULT et Paul M. BOUGU, Le monde contemporain. 1945- 1975, Collection U, 7e édition, Paris, Armand Colin, 1976. Enfin il y a le site Internet http://europa.eu.int.
- Concernant l’étude comparative nous nous sommes inspirés de l’ouvrage en arabe de Hassan NAFEAH, L’Union européenne et les leçons qu’on pourrait tirer dans le monde arabe, Beyrouth, Centre des Etudes de l’Unité arabe, 2004 . Il faut mentionner aussi les deux ouvrages collectifs Pour la Réforme de la Ligue arabe , Beyrouth, Centre des Etudes de l’Unité arabe, 2004 et La ligue des Etats Arabes :
Réalités et ambition, Beyrouth, Centre des Etudes de l’Unité arabe, 1992 .
                                 

1- أحمد فارس عبد المنعم، جامعة الدول العربية 1945-1985 دراسة تاريخية سياسية، بيروت، مركز دراسات الوحدة العربية 1986.

2- حسن صابر، " جامعة الدول العربية 60 عاماً من الوهم" البيان، 22 آذار 2005.

3- حسن نافعة، الاتحاد الاوروبي والدروس المستفادة عربياً، بيروت، مركز دراسات الوحدة العربية 2004.

4- من أجل إصلاح جامعة الدول العربية، بحوث ومناقشات الندوة الفكرية التي نظمها مركز دراسات الوحدة العربية للتعاون مع المؤتمر الشعبي العام في اليمن، بيروت، مركز دراسات الوحدة العربية، 2004.

5- جامعة الدول العربية الواقع والطموح، بيروت، مركز دراسات الوحدة العربية 1992.

يباشر الكاتب بتوصيف الوحدة الأوروبية وظروف تشكّلها، منذ قيام السوق الأوروبية المشتركة عام 1957 وحتى اتفاقية ماستريخ في 7 شباط 1992
وتفسيراً لنجاح الوحدة الأوروبية، يتحدّث الباحث عن أسباب متعددة، في طليعتها إنّها بوشرت إنطلاقاً من قطاع إقتصادي معين (الفحم والفولاذ)، وتطورت من هذا القطاع لتشمل قطاعات أخرى إقتصادية، قبل أنّ تتوسّع على المستوى السياسي. هذا بالإضافة إلى أنّ ديمقراطية الأنظمة الأوروبية عموماً كانت عاملاً إيجابياً مساعداً، فضلاً عن أنّ الظروف الدولية التي كانت قائمة في حينه (مشروع مارشال) ساهم في توثيق عرى الوحدة الأوروبية.
أمّا على المستوى العربي، فقد نشأت جامعة الدول العربية أساساً وسط ظروف مختلفة وغير ملائمة (الحركة الصهيونية والنشاط الإستعماري). يضاف إلى ذلك أنّ اختلافاً بين الأنظمة العربية وظروف عدم الإستقرار السياسي، كلّها ساهمت في إعاقة مشروع الوحدة العربية من جهة، وفي تكبيل أيدي الجامعة. هذا بالإضافة إلى أنّ قاعدة الإجماع (الذي قلّما توفّر) أدّت إلى تعطيل فعالية الجامعة العربية وقراراتها،
أما مشاريع الوحدة خارج إطار الجامعة، فكان مقتلها أنها بوشرت دائماً "من فوق" ما جعلها غريبة عن نبض الشعوب.